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Coups d´oeil sur le XVe siècle

 

Les peintres suisses ?

Libres mais relativement pauvres les cantons suisses produisaint à l'époque d'avantage de militaires que de peintres. La peinture de cour était absente et les retables en bois sculpté polychromé étaient à l'honneur.  Konrad Witz (1400-v.1455) est souvent cité en qualité de représentant le plus éminent de l'art suisse du XVe siècle. C'est occulter que ce Maître souabe fut surtout actif à Bâle(1) et qu'il était décédé depuis près d'un demi siècle lorsque la principauté épiscopale entra dans la Confédération.
Genève dont la cathédrale abritait également une
oeuvre des plus célèbres n'avait alors aucun lien avec les huit cantons suisses
Ceux-ci, avant que s'y ajoutent Fribourg et Soleure étaient majoritairement campagnards. 
Berne, ville patricienne et Zurich, dirigée par des corporations(2) ne comptaient guère plus de cinq mille habitants. 

Hans Fries (1460-v.1523) est connu depuis qu'il occupe la fonction de peintre officiel de la ville de Fribourg au début du XVIe. 
Il fit son apprentissage auprès du Maître bernois Heinrich Bichler auteur d'une peinture représentant la bataille de Morat(3).  Fries pourrait fort bien avoir été l'illustrateur de la Chronique fédérale (Eidgenossische Chronik) rédigée par Gerold Edlibach. Les choniques illustrées seront surtout abondantes au XVIe siècle avec Diebold Schilling ou Wernher Schodoler.

Albrecht Nentz
et le Maître à l'oeillet
Une part du butin récolté à la bataille de Morat a permis le financement d'une oeuvre que je ne manque jamais d'aller admirer dans le choeur de l'église du couvent des Cordeliers de Fribourg. 
Le grand retable est composé de 5 panneaux qui totalisent plus de 7 m de long sur 2,14 m de haut. Il fut commencé par Albrecht Nentz , peintre officiel de la Ville de Soleure, lequel mourut avant d'avoir terminé son oeuvre. Plusieurs peintres furent chargés de terminer le retable vers 1480. On le désigne sous " Retable du Maître à l'oeillet de Fribourg ", pensant qu'un ornement d'oeillets pouvaient être une signature.  Ouvert, il représente la Crucifixion ainsi que les saints franciscains les plus importants et l'Adoration des Mages et celle des Bergers. Fermé, il montre l'Annonciation entre deux saintes. 

(1)  Le concile de Bâle  attira Witz qui observa les armures qui illustrent sa représentation de l'Ancien testament.  Cet évènement  est le dix-septième et le plus long des Conciles oecuméniques (1431-1449) . Il marqua la fin de la période du schisme (Grand Schisme d'Occident). Convoqué en application du décret Frequens du concile de Constance (1417), il s'ouvrit le 29 juillet 1431. 

(2) plus spécialement de corporations comme la Zunft zur Meisen, guilde dont font partie les peintres et  une société de nobles ou de riches marchands la Constaffel , association due à la révolution initiée par le chevalier Rodolphe Brun en 1336.

(3)  L'oeuvre livrée à l'hôtel de ville de Fribourg en 1480 a disparu en 1798, année de l'invasion par les troupes françaises du général Pijon et la proclamation du nouveau canton de Sarine et Broye.
Martin Martini se serait inspiré de ce tableau pour sa fameuse gravure exécutée en 1609.  G.F. Ochsenbein qui collecta un maximum de document pour éditer l'ouvrage "Die Urkunden der Belagerung und Schlacht von Murten" destiné à commémorer le 400e anniversaire de la bataille eut l'espoir de retrouver à Paris cette peinture disparue. On lui avait signalé qu'une reproduction en était parue dans le "Magazine pittoresque" de W. Chardon. La conclusion qui s'imposa après en échange de correspondance fut qu'il s'agissait d'une erreur. Le tableau de Bichler avait été confondu avec la gravure de Martini exposée dans les musées de Morat et de Fribourg.

Berne :Dans le sillage de la reconstruction de l'hôtel de ville et de l'église Saint-Vincent (1405 et 1420), le bâtiment s'épanouit (chef-lieu des maçons suisses en 1459, maître Matthäus Ensinger, Erhard Küng),
de même que la peinture, sur bois et sur verre (Maître à l'oeillet de B., Niklaus Magerfritz, Paul Glaser, Hans Noll).
L'art des armoiries peintes sur verre se maintint jusqu'au XVIIe s. (Lukas Schwarz, Hans Funk, Joseph Gösler, Mathis Walter).

A développer :

Hans Fries http://www.fr.ch/mahf/de/musee/enseignantsfr/3-5-6_FR.pdf 
Heinrich Bichler http://hls-dhs-dss.ch/textes/f/F18288.php
Corpus sur peintures murales des alpes http://www.msh-alpes.prd.fr/prealp/Thematiques.html




Annales ou histoire